COVID-19 : initiatives & changements

Du neuf dans nos vies après la COVID-19 ? Certains le dessinent déjà…

Voici plus d’un an que la pandémie bouscule nos vies. Les conditions physiques, sanitaires, économiques et sociales de nos existences ont changé. Certains vivent ces changements comme un moment favorable pour donner à leur vie ou leur travail, un nouveau visage, une nouvelle orientation. Tel le boulet de canon qui cloua Saint Ignace au lit pendant plusieurs mois, ouvrant un espace où il se met à l’écoute de son cœur, de ses aspirations et de ses rêves, la « crise » actuelle peut permettre à la question « que faut-il faire » (« quid agendum ») de venir interroger des modes de vie établis. Pour Hugo, Joëlle, Pierre Hermé et la communauté du Cénacle de Versailles, cette année a été décisive.

 

Des vies qui prennent des chemins nouveaux

  • Hugo, jeune cadre de 28 ans, a choisi de quitter son appartement parisien pendant le premier confinement pour vivre en Corrèze dans la maison familiale avec ses parents, son frère et sa sœur. Il continue son activité de formateur grâce au télétravail. Durant ces 2 mois, il goûte les nouveaux liens familiaux qui se créent, grâce au temps et aux discussions entre adultes qui s’instaurent entre eux. Ce temps de retrait de la vie parisienne frénétique (où l’alcool, la course à l’argent, le paraître… phagocytent la vie, Hugo s’en rend maintenant compte) ressource le jeune homme. De retour à Paris, les 9 mois qui suivent avec les restrictions multiples (reconfinement, couvre-feu, fermeture des bars, des restaurants, des cinémas, des salles de concerts, des discothèques…) donnent envie à Hugo de reprendre sa guitare. Et le voilà fier et heureux de laisser la musique à nouveau chanter sous ses doigts et dans son cœur. Son visage rayonne lorsqu’il en parle à ses amis !

 

  • Joëlle, mère de 3 enfants entre 8 et 15 ans, en première ligne de la crise sanitaire depuis 1 an, du fait de son métier d’infirmière à l’hôpital, a pris du temps avec ses enfants pendant le premier confinement, pour cuisiner. Cette pause lui a donné le goût d’une plus grande attention à la nature, à la qualité des aliments, à leur origine. Petit à petit, la famille a choisi un mode de vie où le fait maison est davantage présent.

 

  • La parenthèse forcée du premier confinement, a permis à Pierre Hermé de prendre du recul sur son métier. Désireux d’entrer plus avant dans une démarche écologique, le chef pâtissier-chocolatier français a pris des décisions au sein de son entreprise pour réduire les emballages, améliorer les livraisons et travailler la communication sur les ingrédients utilisés dans ses produits.

 

  • La communauté des sœurs du Cénacle qui anime le centre spirituel de Versailles, déjà en route dans un mouvement d’attention écologique, avait mis en place depuis quelques années, le tri des déchets et l’achat de gobelets en carton recyclable. Contrainte de fermer le centre spirituel pendant de longs mois depuis 1 an, la communauté a décidé en septembre 2020 de faire un pas de plus et de s’engager dans la démarche Église verte (association au service des paroisses et des communautés qui souhaitent vivre et déployer l’écologie intégrale www.egliseverte.org). Deux actions concrètes marquent la première étape : prier davantage pour la création et passer aux ampoules LED, plus écologiques et plus économiques (lire notre actualité dédiée). De plus, les animations qui seront programmées désormais dans le centre intégreront cet engagement.

 

Du temps pour penser les changements en cours

Homme, femme, jeune et moins jeune, anonyme et célébrité, ces personnes ont passé un cap durant ces derniers mois. Deux éléments ont sans doute favorisé cela.

  • La pandémie a profondément bouleversé nos habitudes. Ces changements s’inscrivent dans des mutations plus larges et irréversibles (changement climatique, destruction de la biodiversité, acidification des océans…). Cette année nous fait toucher du doigt que les conditions physiques et biologiques de nos existences sont en train de changer.
  • Pour certains, ces derniers mois ont ouvert une brèche dans l’agenda; du temps s’est libéré, qui a pu être mis à profit pour habiter le silence, prier (pour certains), réfléchir (seul ou avec d’autres), laisser vagabonder son imagination, rêver, porter attention à ce qui se passe au plus profond du cœur. Du temps et de l’espace pour revisiter sa vie, ses choix, s’interroger, questionner, ouvrir des possibles, se décider…

 

A vin nouveau, outre neuve

Face à ces mutations au long cours, un temps de retour sur soi, sur sa vie, à l’écoute du monde, peut permettre de prendre conscience d’une certaine urgence, d’une nécessité à changer quelque chose : changer d’habitudes, de manières de faire, de manières de penser. Dans les premiers mois de la pandémie, on espérait profondément que cela cesse au plus vite afin de revenir à « avant ». Or, les mois passants, nous devons consentir à laisser aller le monde d’avant, à ne pas nous y attacher. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’existe plus. Si nous restons crispés sur un désir de retour à l’état initial de nos sociétés (état d’avant la COVID), nous ne pourrons pas initier du neuf, nous ne parviendrons pas à ouvrir des chemins nouveaux.

 

L’Esprit fait toute chose nouvelle

Ainsi, peut-être que des chemins nouveaux se sont ouverts dans le cœur et la vie d’Hugo, Joëlle, Pierre, les sœurs de la communauté de Versailles, parce qu’ils ont su vivre cette crise comme un moment favorable, un point de bascule, d’une certaine manière le moment ou jamais où tout doit se décider. Sinon… quelque chose est raté, loupé, on passe à côté.

Que l’Esprit, qui fait toute chose nouvelle, nous aide à ouvrir ces chemins nouveaux.
« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2ème lettre de Paul aux Corinthiens, chap. 5, v. 17).

Qu’est-ce que l’Esprit pourrait susciter de neuf dans notre vie, ces jours-ci ? Qu’est-ce que Dieu pourrait contribuer à faire émerger de la situation personnelle et mondiale que nous traversons ?

 

Article rédigé par sœur Marie Lacoste, communauté du Kremlin-Bicêtre.


Sources photos :
Photocreo, Canva images

Brouillon auto 31
chemin après pandémie mondiale covid 19
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