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Témoignages de jeunes soeurs

LA COMMUNAUTE, MA NOUVELLE FAMILLE

Article issu de blog.jeunes-cathos.fr

janvier 2016

 

Tous les deux mois, Anne-Catherine, « JP » du Cénacle, 31 ans, évoque dans le Journal d’une jeune religieuse ce qu’elle vit dans la vie religieuse. Aujourd’hui, elle évoque comment les relations familiales évoluent quand on entre dans la vie religieuse.

Ma communauté comme nouveau lieu de vie

Ma communauté comme nouveau lieu de vie

Ma famille communautaire

En faisant le choix de la vie religieuse, j’ai avant tout choisi d’entrer dans une famille qui est rassemblée, unie, par l’appel et l’amour du Christ. Les relations entre nous en communauté sont donc fraternelles, à cause du Christ qui nous a mises ensemble. Ma communauté est devenue mon milieu de vie, mon lieu de croissance, le lieu où je trouve la nourriture nécessaire non seulement pour ma vie spirituelle, mais aussi pour ma croissance humaine, mon activité apostolique, ma vie relationnelle avec d’autres… et le lieu où je donne ce que j’ai et ce que je suis.

Mon choix de vie consacrée signifie le don de ma vie au Christ avec un cœur ouvert à tous et donc pas seulement aux personnes qui me sont les plus proches. Le Christ m’appelle à tout quitter pour m’attacher à sa suite et en même temps à élargir l’espace de mon cœur pour devenir peu à peu ‘sœur universelle’.

Ma famille « de sang »

Quant à ma famille « de sang », à laquelle j’ ‘impose’ en quelque sorte mon choix de vie, je la provoque à faire son propre chemin, ce qui demande du temps (un temps différent pour chaque famille et pour chaque membre), d’autant plus que la réalité concrète de la vie religieuse lui est souvent assez méconnue.

La communauté, ma nouvelle famille

La communauté, ma nouvelle famille

Ce choix de me consacrer au Christ dans la vie communautaire et apostolique s’incarne dans des décisions concrètes, comme par exemple le fait de passer les fêtes de Noël et de Pâques en communauté, car ce sont avant tout des temps forts pour notre vie spirituelle et communautaire.

L’une n’efface pas l’autre !

Ainsi, depuis que je suis entrée au Cénacle, la communauté est vraiment ma nouvelle famille, ce qui n’enlève rien aux liens particuliers avec ma famille « de sang ». L’une ne ‘balaie’ pas l’autre ! Mais au contraire, je dirais que le défi c’est que l’une et l’autre s’accueillent mutuellement !

Une « belle-famille »

La communauté est un peu comme la belle-famille que j’offre à ma famille « de sang », une belle-famille certes nombreuse et aux multiples visages… Alors quelle joie quand nos familles acceptent de connaître aussi nos sœurs ! celles avec lesquelles il nous est donné de vivre au quotidien, qui ont aussi répondu à l’appel du Seigneur à le suivre au Cénacle, qui ont choisi de partager la même mission… Il arrive que notre famille vienne nous rendre visite pour un repas, une journée ou quelques jours selon la distance géographique et les circonstances.

Et ma famille « de sang » constitue comme un peu de moi-même avec lequel j’arrive en communauté. Alors, quelle joie de pouvoir faire la connaissance de la famille d’une sœur ! pour ainsi mieux connaître la sœur, le lieu d’où elle vient…

La famille de mes « soeurs »

La visitation pour la communion entre nos familles

La visitation pour la communion entre nos familles

Je dirais même que la famille de mes sœurs devient petit à petit ma famille. Les célébrations de nos engagements, premiers vœux et vœux définitifs, sont des occasions ‘extra-ordinaires’ de connaissance mutuelle et de retrouvailles. Et dans le quotidien, nous partageons les joies et les peines de nos familles. Alors quand une sœur perd un de ses parents proches, il n’est pas rare que l’une ou l’autre d’entre nous soit présente aux funérailles aux côtés de la famille pour l’entourer. Tout cela fait partie du partage, de la « mise en commun », dans notre vie communautaire.

Finalement, de même que nous nous portons les unes les autres pour la mission, nous communions ensemble à ce que chacune vit de manière unique et personnelle avec sa famille. Ainsi la pensée et la prière de la communauté m’accompagnent quand je pars rejoindre ma famille, selon les circonstances, pour un temps de vacances annuel, ou pour un événement heureux (mariage, baptême), ou pour quelques jours plus régulièrement quand la maladie, la solitude ou le grand âge isole un membre de ma famille.

Discerner pour ajuster les liens

Au Cénacle, en même temps que ce détachement fondé sur notre choix de vie consacrée, il nous est ainsi donné de garder un vrai lien avec notre famille. Nous ne le vivons pas toutes de la même manière. Cela fait l’objet d’un discernement que personne ne peut faire à notre place, qui peut évoluer avec le temps, et dont chacune est tenue de discuter avec la supérieure de communauté notamment. Parfois les relations sont faciles, parfois plus tendues… Parfois la famille est proche, parfois éloignée ou même dans un autre pays, parfois dispersée… Parfois elle est nombreuse, parfois toute petite, parfois divisée… Parfois elle partage notre foi, parfois non ou avec moins d’élan… Tout cela entre en jeu dans la manière dont chacune va apprendre à ajuster le lien avec sa famille dans le cadre de sa vie religieuse.

anne catherine

Sr Anne-Catherine

 

 


 

 

 

Témoignage de Maurizia Sosio, concernant son premier engagement : 

  

22 septembre 2012 : une date que je n’oublierai pas.

 
     "Ce jour-là, au Cénacle de Versailles, dans une grande salle transformée en chapelle, en présence des sœurs de la Congrégation, de ma famille, de quelques personnes amies, j’ai prononcé mes premiers vœux dans les mains de Sr Ann Turner, supérieure de la province Europe-Togo.
 
J’ai écouté cette réponse : « Maurizia, au nom de l’Eglise et de la Congrégation, je reçois tes vœux et te remets cette croix, signe de l’engagement de ta vie à la suite de Jésus-Christ, dans l’Eglise, pour le service de tes frères et sœurs ».

 

Maintenant, partout où je vais, je porte au cou la croix reçue, qui me rappelle que je me suis entièrement livrée au Seigneur, dans la Congrégation de Notre Dame du Cénacle.
 
La route qui m’a conduit à franchir ce pas a été longue et pas toujours linéaire. J’ai frappé à plusieurs portes, j’ai vécu en plusieurs lieux. J’ai rencontré personnes différentes, parmi lesquelles beaucoup m’ont enrichie et ont fait grandir en moi le désir d’une vie pleine.
 
Il y a quelques années, un jour de printemps, un prêtre m’a parlé du Cénacle. Touchée par son récit j’ai regardé le site internet de la Congrégation et j’ai décidé d’aller rencontrer ces sœurs. Je me rappelle encore le très bon accueil reçu par la communauté : de beaux sourires, des mots chaleureux et discrets, une bonne tasse de café…. Quelque chose m’a poussée à revenir plusieurs fois.
 
Une des sœurs m’a accompagnée dans un chemin de prière et tout doucement j’ai fait l’expérience d’un Dieu qui m’aime et qui se communique personnellement. Dans la relation avec Lui j’ai trouvé ma maison et j’ai désiré que d’autres aussi y habitent.
 
Je suis tombée amoureuse de ce Dieu qui se donne à chacun, à chacune et de cette Congrégation qui aide tout homme et toute femme à le rencontrer.
 
J’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un coup de foudre et que ça vaudrait la peine d’investir ma vie sur la fidélité de Dieu et sur la profondeur spirituelle des Sœurs du Cénacle.
Ainsi j’ai quitté mon travail d’institutrice et j’ai passé un an à Rome, chez les sœurs, en partageant leur vie, pour mieux les connaitre et pouvoir vérifier l’authenticité de mon désir d’embrasser leur vocation.
 
Au terme de l’année j’étais heureuse et prête à poursuivre la route.

Nouvelle étape, le noviciat, à Versailles. Deux années pour approfondir ma relation au Seigneur, pour m’enraciner en Lui et être initiée à la vie religieuse. Prière, accompagnement spirituel, sessions, cours, retraites, travail, partage d’une vie simple… Ce sont les ingrédients d’une période dont le goût profond a été la rencontre surprenante et transformante avec le Dieu de la vie.

 
Surprenante parce que d’une beauté au-delà de toute attente. Transformante parce que je ne suis pas la même que il y a quelques années. Comme tous les vrais amours, la rencontre avec le Seigneur libère, rend plus vivants, plus vrais, plus nous-mêmes.
 
Le 22 septembre j’ai prononcé mes vœux dans la joie, parce que j’étais heureuse de mettre ma vie dans les mains de quelqu’un qui m’aime immensément.
 
Maintenant cette vie donnée au Christ est au service de toute personne avec qui je désire cheminer vers la plénitude de vie des enfants de Dieu.
 
Une phrase de l’Evangile gravée dans mon cœur m’accompagne : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10,10)

 

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