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Non, le coronavirus n’est pas une punition divine.

 

aveugle ne 1 aveugle ne 1  

 

 

Nous avions déjà mis ces pistes de méditation sur cet évangile du 4ème dimanche de Carême le mois dernier mais nous les remettons car c’est un bon rempart contre des propos ahurissants qui trainent sur les réseaux sociaux. Il suffit de chercher : « virus, punition de Dieu? » sur internet pour s’affliger de cela.

 

Oui, une parole forte de Jésus, dans l’évangile de Jean 9/1-38 qui nous est donné pour dire clairement qu’aucune maladie ne vient de Dieu.

 

Au début du texte nous sommes dans la nuit, celle où est plongé un aveugle de naissance. Et Jésus va libérer cet homme de sa cécité. 

 

Mais il y a une ténébre pire que la cécité, c’est celle des disciples. En effet, par la question qu’ils posent : « Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » on se rend compte qu’ils sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. 

 

Combien on a besoin d’être libéré de cela, encore aujourd’hui !

Et encore plus en ce moment où des mentalités obscurantistes vous disent que l’épidémie  du coronavirus est une punition de Dieu !

 

Mais de manière plus courante ne dit-on pas quand il nous arrive une épreuve : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive çà ! » 

Ténèbre qui nous fait imaginer un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre ! 

Et aujourd’hui encore, ces fausses images de Dieu peuvent être en nous. 

Alors Jésus vient d’abord nous libérer de cela. Il le fait par une parole forte : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché.» Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière, qui nous fait quitter nos fausses images de Dieu.

 

Encore faut-il que nous acceptions de les quitter pour nous ouvrir à un Dieu fondamentalement bon et qui ne veut que du bon pour nous.

 

Pour méditer à nouveau cet Evangile, voici des pistes :

 

1-Prendre conscience des ténèbres du début de ce texte.

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance ? Oui, certes mais il y a pire. C’est celle des disciples qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse, celle d’un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre !

Et aujourd’hui encore en sommes-nous indemnes ?

 

2-Entendre la parole de Jésus :

 « Ni lui, ni ses parents n’ont péché»

Cet Evangile, comme tout l’Evangile, est d’abord une libération par la parole forte de Jésus : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché» Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière. Première guérison si nous acceptons de nous laisser guérir.

Laisser résonner en moi cette parole libératrice du Christ. Sur quel aspect de ma vie ?

 

3-Regarder le comportement des pharisiens.

Leur impossibilité à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison fait le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur. C’est la ténèbre de l’exclusion de tous ceux qui ne rentrent pas dans leur système. L’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité. Devant ce type de ténèbres, Jésus lui-même n’a rien pu faire. La révolution spirituelle de Jésus ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce « que cela procure. Ce comportement est de toujours.

Dans notre monde, dans notre Eglise…En moi-même ?

 

4-Regarder l’itinéraire spirituel de cet homme guéri.

En contre-point, l’itinéraire de l’aveugle nous fait parcourir un chemin qui va de lumière en lumière. Un cheminement d’une étonnante vérité. Il nous est donné de voir un homme vrai qui reste au plus près de son expérience, ni plus, ni moins. Il nous est donné de voir la progression dans une confession de foi. Car la foi est un chemin et c’est autant le chemin que le but qui est important.

-Sa première confession de foi est d’abord sans parole. Elle est d’abord de se laisser faire par un homme qu’il ne connait pas. Il se laisse enduire de boue les yeux.

– Sa deuxième confession de foi est sans parole mais en acte : écouter la parole qui lui dit d’aller se laver dans la piscine de Siloé et y aller

-Sa troisième confession de foi, c’est tout simplement la confession de lui-même : « c’est moi » et il va être fidèle jusqu’au bout en répétant plusieurs fois dans le texte les événements qui lui sont arrivés dans l’exactitude de leur déroulement. Confession de foi sous forme de récit : voilà ce que j’ai vécu, voilà ce que cela a transformé dans ma vie. Mais quand on lui demande des choses qu’il ne sait pas, il dit : « je ne sais pas ».

-Confronté aux pharisiens, il va faire un pas de plus dans la compréhension de ce qui lui arrive et c’est sa 4ème confession de foi : « C’est un prophète ». Cette confession de foi il va la tenir contre les pharisiens avec le simple bon sens qui comprend que seul celui qui vient de Dieu peut guérir un aveugle. Mais il va la payer au prix fort, celui d’être traité de pécheur-né et jeter dehors. Regarder la liberté de cet homme. Il ne connait pas encore Jésus et pourtant, la lumière et la liberté de Jésus lui ont déjà été communiquées. Me laisser atteindre par cette lumière et cette liberté.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi.

 

5-Prendre conscience de l’absence de Jésus.

Pendant tout ce temps, Jésus semble absent. Jésus ne réapparaît qu’à la fin et on a l’impression que Jésus l’a laissé seul témoigner et combattre. C’est peut-être le sentiment que l’on a quelque fois au cœur de nos combats. Mais n’est-ce pas preuve de respect pour nous, de foi en notre capacité de vérité et de justice ? N’est-ce pas foi en l’Esprit qui nous habite et nous habilite au témoignage ?

Est-ce que cela rejoint un aspect de ma vie ?

 

6-Regarder la rencontre finale.

En tout cas, Jésus est là pour l’accueillir quand il est jeté dehors, exclu. Devant lui, cet homme va garder cette même authenticité dont il a fait preuve depuis le début. Il ne sait pas qui est le fils de l’homme dont lui parle Jésus.! « Qui est-il pour que je croie en lui ?» Réponse étonnante ! Et oui, pour croire, il faut savoir en qui je crois ! Le fils de l’homme, c’est celui qui l’a guéri, qui lui a donner capacité à le voir (tu le vois) et qui lui parle. Alors seulement peut jaillir sa 5ème confession de foi : « je crois ». Nous sommes ici dans la lumière. Lumière qu’est Jésus lui-même, lumière d’un monde qui sort de l’exclusion, du mépris, de la fatalité. Lumière du royaume de Jésus à construire avec lui.

Et pour moi, qui est Jésus pour que je crois en Lui ?

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