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Une communauté s\'engage pour les migrants
Welcome et le cercle du silence

Welcome et le cercle du silence

Il y a un peu plus de 3 ans, nous avons pris contact avec l’Association Welcome, une association dépendante de JRS (Service jésuite des réfugiés), qui s’occupe de trouver des familles  pouvant accueillir un migrant pendant un mois, les familles se succédant pour l’accueil et l’hébergement de la même personne de 6 mois à 1 an, le temps que la personne migrante puisse apprendre le français, apprivoiser la culture française et un peu de la manière de vivre en France, JRS JRS  régulariser administrativement sa situation et éventuellement obtenir un statut de réfugié.

Nous avons beaucoup réfléchi et partagé avant de pouvoir donner une réponse communautaire positive. Il s’agissait pour nous de porter l’engagement d’accueil ensemble : il y avait à mettre à la disposition de la personne une chambre. Pour elle, c’était déjà beaucoup puisqu’elle n’était plus à la rue.  Pour nous, ce n’était pas le plus difficile (même si cela avait un impact financier sur le budget de la communauté). La personne prenait son petit déjeuner en communauté et nous nous engagions à l’accueillir à notre table aussi 1 ou 2 fois par semaine le soir. Nous avions surtout à donner un peu de notre temps, de notre disponibilité, gratuitement, non pas pour aider la personne à régler les questions administratives, cela est assuré par un tuteur de l’association, mais pour être là tout simplement, avec la consigne de ne pas poser de questions, la personne devant se sentir très libre et respectée dans son choix de se confier ou pas. Une présence régulière, persévérante, à tour de rôle, le soir, pour nous assurer que la personne était bien rentrée et qu’elle allait « bien ».

Il nous a fallu une année de réflexion et de prière avant d’aboutir à cette décision commune : oui, nous voulions bien ouvrir notre maison et notre communauté à une personne, 2 fois un mois dans une année. Une personne venant de Guinée est arrivée en premier. Elle nous a appris à être présentes sans savoir si notre accueil la rejoignait, nous n’avions pas de retour, pas de question. Le dernier jour seulement, elle a voulu nous prendre en photo et nous embrasser toutes.

Quand le deuxième est arrivé, c’était l’été, il avait déjà pas mal de copains et était souvent absent. Mais il prenait soin de nous prévenir. Lui aussi arrivait de Guinée, il a partagé avec plusieurs d’entre nous un émerveillement d’enfant devant le feu d’artifice tiré depuis le château, le soir du 14 juillet.

Puis, nous avons eu un adulte tibétain. Il nous a beaucoup fait travailler le français, il avait soif d’apprendre, et d’apprendre bien. Dès le 1er jour, il nous a montré son livre de prière et il est souvent allé s’assoir au fond du parc avec son livre à l’heure de la messe dans notre chapelle. Nous n’avons rien su de sa vie mais il a beaucoup questionné la nôtre, surtout la dimension religieuse. Il nous a aidées à préparer des fêtes (dont les voeux de Claire, il était heureux d’être à la messe !), à porter des valises, à transporter des chaises, il aimait nous rendre service.

Et enfin, il y eut tout ce mois d’octobre écoulé. un jeune Afghan de 21 ans, musulman pratiquant ; il s’est laissé apprivoisé très vite mais il a gardé sa manière de faire, son indépendance, arrivant toujours à table quand nous en étions déjà au milieu de repas, le regard posé en permanence sur son iphone. Nous avons vu quelques photos de sa famille, des enfants surtout, nous avons entendu des convictions et des manières de faire sur les relations homme-femme, le mariage. Nous n’oublierons pas son rire un des 1ers jours quand il nous a vues « toutes en cheveux », parlant, riant … chez lui, les femmes sont voilées et apparemment beaucoup plus effacées et silencieuses !

Ces rencontres nous font beaucoup de bien, elles nous bousculent, nous mettent le cœur au large, en présence de ces hommes et ces femmes qui sont aujourd’hui chez nous. Nous ne savons pas pourquoi ils ont quitté leur pays, leur famille, ce qui est sûr, c’est que leur chemin est rude, difficile et nous essayons simplement pendant un mois de faire en sorte que chez nous soit un peu chez eux.

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En même temps que l’accueil à Welcome, il y a 3 ans, nous avions décidé qu’une sœur ou 2 de la communauté participerait chaque mois, le 2ème jeudi du mois, sur la place du marché aux fleurs, au centre de Versailles, de 18h à 19h, au cercle du silence. Le cercle du silence a été initié à Toulouse il y a une vingtaine d’années par un religieux franciscain pour porter, dans le silence, dans la prière pour les croyants, la situation des personnes sans papiers, tous les déplacés, les réfugiés : que leur dignité d’homme soit reconnue et qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. Depuis des centaines de cercles du silence sont faits et refaits chaque mois dans des villes ou des villages de France. Ce jeudi 11 octobre, le cercle du silence de Versailles fêtait sa 10ème année de présence. Comme communauté, nous avions choisi d’être présentes, largement : la moitié de la CdS 11 OCTOBRE 2018 IMG_0031 CdS 11 OCTOBRE 2018 IMG_0031  communauté y était. Cherchez-nous sur la photo des journalistes !

La communauté de Versailles

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