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CApNDC: Une expérience aux périphéries de la foi

 

Marie-Hélène Dufée est membre de la Communion Apostolique Notre-Dame du Cénacle depuis sa création, il y a maintenant 10 ans.

La Communion Apostolique est une des branches de la famille du Cénacle. Ses membres vivent de la spiritualité du Cénacle et exercent les mêmes ministères spirituels que les Sœurs.

Ici Marie-Hélène partage son expérience d’accompagnement de personnes en deuil et de célébration de funérailles en particulier quand il s’agit de crémation. Une expérience aux périphéries de la foi.

Vous pouvez retrouver cet article sur la page facebook de la CApNDC en cliquant ici  si vous-même vous avez une page facebook.

 Crematorium - St Pierre de Pl. 1 Crematorium - St Pierre de Pl. 1  

Une expérience aux périphéries de la foi : présence d’Eglise au crématorium

J’habite dans un petit village de moins de 3000 habitants, non loin de Saint Malo.

Là-bas, responsable de cette communauté, je vis ma mission apostolique en étant au service de cette Église locale ; je tente de veiller sur elle, en équipe avec d’autres laïcs engagés, et en collaboration avec deux prêtres (pour 13 clochers).

Il est un lieu qui me touche particulièrement : c’est la pastorale des funérailles.
Nous sommes quelques personnes engagées pour accompagner les familles en deuil ; l’écoute de celui ou de celle qui pleure un être cher, le regard de compassion, les paroles échangées sur la vie du défunt permettent peu à peu d’entrer dans une démarche d’espérance de la Résurrection… 
Au cœur de cette écoute, de cette PRÉSENCE, peut émerger une Parole de Dieu qui touche le cœur, un chant qui fera écho à cette Parole ; peu à peu, dans cette proximité vécue avec les personnes endeuillées, le déroulement de la célébration prend corps ; elle pourra alors être vécue comme une annonce simple et véritable de la foi et de l’espérance chrétiennes.

Alors que le plus souvent les personnes sont éloignées de l’Église, j’ai conscience que la pastorale des funérailles est vécue comme un lieu privilégié d’évangélisation.

Certaines familles ne demandent plus de funérailles chrétiennes ; pour diverses raisons, elles n'osent pas revenir s'adresser à elle… En revanche, il arrive que quelques-unes demandent une prière au crématorium.
A cette demande, je réponds favorablement (après discernement) même si la hiérarchie ecclésiale ne m’y pousse pas. Le plus souvent, la demande est explicite : « nous désirons une petite bénédiction ; on ne va quand même pas le (ou la) laisser partir comme un chien !… »

La semaine dernière, demande de bénédiction au crématorium ; le défunt : un homme de 46 ans.

J’ai pu communiquer avec l’épouse par téléphone d’abord (en raison de l’éloignement géographique : on vient au crématorium de loin !) pour entendre la demande, puis juste avant la cérémonie, au crématorium, pour les derniers ajustements. 

Le déroulement de cette célébration est expliqué dans les détails à la famille avec ses différents temps pour être ensuite validé par elle.

La salle est pleine à craquer. De nombreuses personnes sont à l’extérieur et suivent cette « cérémonie » sur écran. L’ambiance est glaciale. Toutes les générations sont présentes : l’épouse du défunt, ses deux jeunes enfants, les copains de « billard », beaucoup de jeunes aux allures et aux comportements divers… et aussi de moins jeunes à commencer par le père du défunt.

Le maître de cérémonie, un employé du crématorium, ouvre la cérémonie. Ses mots d’accueil sont ajustés, dignes mais un peu « surfaits ». Puis, il me passe la parole.

« C’est auprès de vous, Didier, entouré de toute votre famille, de vos amis que nous sommes réunis, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. »

Je me sens pauvre mais forte. C’est une force qui m’est donnée. Il n’y a rien à prouver ; il y a seulement à témoigner de l’amour infini de Dieu ; je suis heureuse d’être là, près de cette famille qui pleure et de tous ceux qui l’accompagnent ; n’est-ce pas faire un peu l’expérience de la compassion ? « Souffrir avec » ; je ne suis pas là pour prononcer un discours sur Dieu ; non, je suis seulement avec eux, et heureuse d’y être en dépit de ce silence de mort...

Les quelques paroles que je prononce ne sont qu’un balbutiement de l’amour de Dieu, si proche de la souffrance humaine, si proche de tout homme, quel qu’il soit, si proche de nous.

Et je suis là, assise à la même table, celle de gens à la marge de l’Église. Je suis avec eux, proche d’eux, assise à la table des pécheurs dont je fais partie.

C’est une table où je me sens bien parce que Jésus est avec nous. Il aimait s’asseoir à cette table-là pour nous révéler le visage de Dieu : un Dieu qui n’est que Bonté et Amour…

Marie-Hélène Dufée, CApNDC

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