" Se livrer " est, au fond, une certaine façon de jouer sa vie. Car ma vie n'est pas jouée d'avance. (…) Vivre cette expérience m'affecte le cœur, ce lieu très profond où ma liberté est éprise de Dieu. Être animé de l'Esprit c'est, contre les oppressions du dehors et les inerties du dedans, recevoir à la jointure de mon être une autre vigueur, un dynamisme qui est aussi mien que toutes mes puissances et atteste la présence d'un Autre. (…) Se livrer à la passion désirante de Dieu, au Souffle qui me fera palpiter autrement, et m'aventure au large, requiert une attention vibrante de tout l'être. Il faut être de chair pour sentir l'esprit, pour " s'exposer ", sans placage protecteur. L'être ne se donne et ne se reçoit que dans la plus impitoyable des déprises et cette loi de la réalité est bonheur. Jouer sa vie : tout autant faire la mise que s'adonner à l'activité de la vie avec la vigilance vivante devant l'incertain palpitant, la souplesse dans les orientations, l'élaboration créatrice, la justesse, la liberté et le sérieux attentif du jeu. pp. 395-396

 

Un extrait du livre de ghislaine Côté, soeur du Cénacle : LE CENACLE Fondements Christologiques et Spiritualité Ed. Beauchesne

Se livrer : une lecture contemporaine.
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