Sr
Marie-Céline Dehondt
J'apprends aussi
à rejoindre les personnes d'autres religions: Juifs, musulmans (plusieurs
personnes du personnel soignant le sont). Actuellement la "reconnaissance"
de chacun d'entre eux par le simple fait de dire leur prénom, de leur
souhaiter bonjour leur permet de percevoir que nos relations n'ont pas changé
malgré le 11109101. Je découvre leurs rites funéraires,
je revois: un très beau Coran sur le lit d'un malade, des juifs s'apprêtant
à chanter des psaumes pour veiller Mr X décédé.
J'entends encore cette jeune fille me dire après une prière
autour du lit où "reposait" le corps de sa grand-mère
: " Merci de vos paroles d'espérance, je prierai pour que vous
gardiez toujours votre foi ".
Chaque année, l'aumônerie envoie, aux familles ayant vécu
le décès d'un proche au cours de l'année, une invitation,
à participer à I'Eucharistie du 2 novembre (environ 300 lettres!).
A4 cette occasion, nous recevons des lettres qui disent combien notre démarche
d'accompagnement est importante pour ceux et celles qui ont entouré
leur malade.
Etre
Sur du Cénacle à l'hôpital Cognacq-Jay
Ma
cinquième année d'aumônerie à l'hôpital Cognacq-Jay
à Paris vient tout juste de commencer
et j'ai le désir de vous partager, un peu ce que j'y vis. Il faut, peut-être
d'abord que je vous rappelle que l'hôpital est actuellement composé
de 4 services: 2 services de soins palliatifs, 1 service de sidééns
et un service de lymphologie. (Je dis actuellement car des travaux vont très
bientôt avoir lieu et l'hôpital va s'agrandir en hauteur et donc
en nombre de services). Je visite 2 fois par semaine les services de soins palliatifs
et de sidéens.
mais ce qui est surtout présent c'est la rencontre avec la vérité
de chaque être humain malade, avec chaque personne de la famille ou de
l'entourage du malade, avec chaque membre du personnel soignant que ce soit
un simple agent de service ou un médecin responsable d'un service, c'est
cela que " nous " vivons à Cognacq-Jay ( je dis " nous
" car nous formons une véritable équipe d'aumônerie).
Devant la mort, chacun, chacune ne peut faire " semblant " et la foi
n'enlève pas la peur, le déni, la révolte et la non-foi
n'empêche pas la sérénité, l'ouverture à l'autre
jusqu'au bout... Rien n'est systématique et c'est "beau" d'accompagner
un homme, une femme dans ce moment du " vivre jusqu'au bou,t d accompagner
un soignant dans sa fatigue, dans sa joie de soulager /a souffrance, dans ses
questionnements sur la vie, la mort, dans son besoin d'être écouté
L'aspect
"religieux" est présent dans notre travail d'aumônerie
: sacrement des malades, communion le dimanche, bénédiction au
moment de la mise en bière, prières diverses avec les malades
ou avec leurs familles, bénédiction sur le front en signe du "
bien " que Dieu leur veut.