L'accompagnement spirituel : un ministère
Est-ce parce que vous êtes religieuse du Cénacle que vous êtes accompagnatrice ?
Oui, pour moi, c'est par les retraites spirituelles que cela s'est fait. Mais ce n'est pas systématique ! Ce n'est pas parce qu'on est religieuse, et même religieuse du Cénacle, qu'on est appelée à ce service, pas plus parce qu'on est prêtre... Ce n'est pas en soi lié à la vie religieuse ou au sacerdoce, même si nous pouvons être davantage préparés à le vivre. Des laïcs ont été, dans la tradition de l'Église, d'excellents accompagnateurs. Aujourd'hui certains se forment.

Mais, suivre des sessions ne suffit pas à former un accompagnateur, même s'il y a nécessairement besoin de formation...

C'est un art qui suppose certaines qualités d'écoute, de jugement, de discernement, de discrétion.... un charisme que les autres reconnaissent. Telle personne va en trouver une autre pour se confier, demander conseil, telle autre va en parler à une troisième " cette personne m'a aidée : allez la voir ".

C'est l'accompagné qui institue l'accompagnateur ! En même temps, si quelqu'un est sollicité, il découvre vite qu'il a besoin de se former pour cette tâche et qu'il est appelé à la vivre en Eglise. C'est un vrai ministère. Comme pour d'autres services dans l'Eglise, par exemple le diaconat, l'appel peut bien sûr être reçu intérieurement, mais c'est en fait la demande et la reconnaissance de la communauté, des responsables ecclésiaux, qui vont fonder ce ministère et le favoriser.

Qu'entendez-vous exactement par accompagnement spirituel ?

C'est faire un bout de chemin avec l'autre. C'est être témoin de son chemin, lui permettre d'exprimer ce qu'il vit et de prendre conscience, dans cette relecture, de ce qui l'habite, de son désir; c'est l'aider à discerner son chemin à la lumière de la Parole de Dieu. Et sur ce chemin de vie, la personne approfondit sa relation à Dieu, reconnaît son appel, apprend à y répondre et par là grandit dans la liberté des enfants de Dieu.

" Un accompagnateur sera guide... comme l'est le montagnard mais d'une façon particulière, tantôt il précède, tantôt il marche côte à côte, tantôt il suit son frère accompagné " (P- Maire-Besser).

Notre itinéraire spirituel est marqué, comme celui du Peuple choisi, par des passages à travers déserts et oasis, sécheresse ou fraîcheur, nuit et lumière, doute et confiance, peur et espérance... et l'accompagnateur va aider à reconnaître les avancées, les temps de repos et paix, l'action de Dieu, comme les obstacles, les reculs, les tentations, ce qui s'oppose à cette action." Le but est bien d'aider l'autre à mieux se connaître lui-même et à mieux connaître l'action de Dieu en lui, de sorte qu'il devienne de plus en plus autonome et puisse conduire sa vie avec Dieu de façon personnelle ", sous la mouvance de l'Esprit de Dieu. Bien sûr, cela comporte à la fois une éducation à la liberté et un apprentissage au discernement spirituel.

Hélène Rader;;;;;;;;;;;;;;;;;;;; Extraits d'un article de la Revue : Prêtres diocésains de mai 1997