A l'occasion de la dernière éléction présidentielle, François Dessere a rencontré une soeur du Cénacle de Versailles... Voici le texte de l'article paru dans lesnouvelles.fr, un hebdomadaire des Yvelines
Sœur Vanessa Micoulaud vit loin des agitations statistiques et médiatiques liées à l’élection présidentielle. Cela ne signifie pas qu’elle ne s’intéresse pas à la politique. Bien au contraire. Comme tout un chacun, les sœurs de Notre-Dame du Cénacle, une communauté apostolique située avenue de Paris à Versailles, pourront voter les 22 avril et 6 mai. Et pour accomplir leur devoir, les religieuses se tiennent informées de la manière la plus évidente. «Nous nous sommes réparti les programmes des candidats. Deux réunions sont prévues au sein de notre communauté. La première nous a permis d’échanger sur les questions du travail, de l’immigration et de l’éducation. La prochaine abordera celles de l’Europe, de la justice, de l’éthique et de l’économie», détaille Sœur Vanessa. Échanges, éclairages par les opinions de chacune, c’est dans le dialogue et l’écoute que les seize religieuses forgent leur opinion. Car toutes ont des convictions personnelles. «Et vous seriez surpris d’en connaître la diversité ! Cela tient à nos origines sociales et géographiques si variées», précise la religieuse. «Nous voterons en nous laissant éclairer par l’Evangile» Pour autant, un point les rassemble : «La recherche du bien commun. Quand nous devenons religieuses, plus rien ne nous appartient en notre nom propre. Nous apprenons alors que le partage déploie la richesse ; beaucoup plus que le profit personnel. Et nous sommes toutes sensibles aux projets qui ressemblent à cela.» Forte de cette conviction, Sœur Vanessa attend du futur président que chacune de ses décisions soit prise «dans le souci des plus faibles, que ce soit sur le plan de la maladie, du handicap, du chômage, de l’accueil des étrangers ou encore des familles fragilisées par les séparations.» Très concrètement, Sœur Vanessa estime personnellement que le futur président devra aussi œuvrer pour que l’Europe ait un plus grand poids politique, quitte à renoncer à un certain poids politique national. Économiquement, elle estime qu’il faudrait revoir le système actuel basé sur la recherche du seul profit et redéfinir la notion de croissance économique. «Il faut avoir une vision sur la longue durée pour que chacun puisse vivre le plus dignement possible.» Et de poursuivre : «Nous voterons chacune en conscience, en nous laissant éclairer par la parole de Dieu, l’Évangile. Nous y regardons le Christ, sa manière d’aimer et de servir les personnes qu'il rencontre, de dire que l’être humain est bon, très bon. C’est cela qui permettra à chacune de choisir le candidat qu'elle souhaite voir président. En attendant, nous continuerons à prier personnellement et en groupe pour cette élection importante.»
FD